Article n°06 · Norme · Accréditation · Métrologie

Laboratoire ISO 17025 — définition, accréditation et portée analytique

Achetercagrilintide · Rédaction  ·  15 juillet 2026  ·  ~1 200 mots  ·  Site d'information

Un laboratoire ISO 17025 est un laboratoire d'essais dont la compétence technique et le système de management ont été formellement évalués et reconnus par un organisme national d'accréditation. Cette page répond directement à la question : que désigne précisément cette expression, comment une telle accréditation est-elle obtenue, et qu'implique-t-elle concrètement pour l'analyse d'un peptide de recherche comme le cagrilintide.

Ce que désigne l'expression « laboratoire ISO 17025 »

L'expression renvoie à la norme internationale ISO/CEI 17025:2017, intitulée « Exigences générales concernant la compétence des laboratoires d'étalonnages et d'essais ». Elle est publiée conjointement par l'Organisation internationale de normalisation (ISO) et la Commission électrotechnique internationale (CEI). Un laboratoire dit « ISO 17025 » est un laboratoire dont la conformité à cette norme a été vérifiée par un organisme d'accréditation national, à l'issue d'un processus d'évaluation rigoureux incluant audits documentaires et visites sur site.

Il est fondamental de distinguer cette accréditation d'une certification ISO 9001. L'ISO 9001 porte sur le système de management de la qualité d'une organisation de manière générique, sans évaluer la compétence technique dans un domaine d'essais précis. L'ISO 17025 va substantiellement plus loin : elle exige la démonstration formelle de la maîtrise technique des méthodes utilisées, la traçabilité métrologique de tous les équipements de mesure et la validation des méthodes analytiques. Un laboratoire certifié ISO 9001 mais non accrédité ISO 17025 n'a pas fait l'objet de l'évaluation technique spécifique aux essais analytiques.

Réponse directe : un « laboratoire ISO 17025 » n'est pas un type de laboratoire, c'est un laboratoire accrédité selon cette norme pour des méthodes d'analyse spécifiques. L'accréditation est délivrée par méthode et par type d'essai, pas de façon universelle.

Les deux piliers de la norme ISO/CEI 17025:2017

La norme s'articule autour de deux ensembles d'exigences complémentaires, dont la satisfaction simultanée est requise pour l'accréditation.

Pilier 1 — Exigences de management (section 8 de la norme)

Les exigences de management concernent l'organisation interne du laboratoire et sa gouvernance. Les principales obligations sont les suivantes :

  • Impartialité : le laboratoire doit identifier et gérer les risques qui menacent son impartialité. Toute pression commerciale ou institutionnelle susceptible de biaiser un résultat doit être documentée et neutralisée.
  • Confidentialité : les données relatives aux essais d'un client sont protégées et ne peuvent être divulguées qu'avec l'accord explicite du commanditaire, sauf obligation légale.
  • Gestion documentaire : toutes les procédures, instructions de travail et fiches méthodes doivent être documentées, versionnées, approuvées et accessibles uniquement dans leur version en vigueur.
  • Traitement des réclamations et non-conformités : un mécanisme formel de détection, d'investigation et de correction des travaux non conformes est obligatoire.
  • Amélioration continue : des audits internes périodiques et des revues de direction régulières garantissent l'entretien du système qualité dans le temps.

Pilier 2 — Exigences techniques (sections 5, 6 et 7 de la norme)

C'est le pilier différenciateur par rapport aux normes de management généralistes. Les exigences techniques portent sur :

  • Compétence du personnel : chaque analyste doit être qualifié pour les méthodes qu'il exécute. Le laboratoire doit documenter les formations, les habilitations et les évaluations périodiques de compétence.
  • Équipements métrologique-ment traçables : tout instrument de mesure — spectromètre de masse, système HPLC, balance analytique, hygromètre — doit être étalonné à intervalles définis, avec une traçabilité documentée jusqu'aux étalons nationaux ou internationaux.
  • Méthodes validées : toute méthode d'analyse non normalisée, ou adaptée d'une méthode existante, doit être formellement validée selon des critères prédéfinis : fidélité, justesse, spécificité, limite de quantification, plage de linéarité.
  • Rapport d'essai structuré : la section 7.8 de la norme impose un contenu minimal précis dans tout rapport émis, incluant l'identification univoque de l'échantillon, la méthode utilisée, les résultats numériques avec leurs incertitudes, et l'identification du responsable de l'analyse.
Section 8

Management

Impartialité, confidentialité, gestion documentaire, traitement des non-conformités, amélioration continue. Garantit l'organisation et l'intégrité du système.

Sections 5–7

Technique

Personnel qualifié, équipements traçables, méthodes validées, rapport d'essai conforme. Garantit la rigueur analytique des résultats produits.

Le processus d'obtention de l'accréditation

Une accréditation ISO 17025 ne s'auto-déclare pas. Elle résulte d'une procédure formelle conduite par l'organisme national compétent. En France, ce rôle est assuré par le COFRAC (Comité français d'accréditation), signataire des accords de reconnaissance mutuelle de l'European co-operation for Accreditation (EA). Les accréditations COFRAC sont reconnues dans l'ensemble de l'Union Européenne.

Phase 01

Instruction du dossier

Le laboratoire soumet au COFRAC un dossier décrivant son organisation, ses ressources humaines et matérielles, ses méthodes et son système qualité. Les auditeurs désignés analysent la complétude et la cohérence de ce dossier avant toute visite.

Phase 02

Audit sur site

Une équipe d'auditeurs COFRAC se rend dans le laboratoire pour vérifier la cohérence entre la documentation et la pratique réelle. Des observations de manipulations analytiques peuvent être réalisées en conditions opérationnelles, et des résultats d'essais interlaboratoires sont examinés.

Phase 03

Décision d'accréditation

Sur la base du rapport d'évaluation, le COFRAC prend une décision formelle. L'accréditation est accordée pour un périmètre défini de méthodes et de types d'essais, pas de façon universelle. Ce périmètre est publié dans l'annexe technique de l'accréditation.

Phase 04

Surveillance périodique

Des audits de surveillance réguliers, en général annuels ou bisannuels, garantissent le maintien des exigences dans le temps. L'accréditation peut être suspendue ou retirée si des écarts significatifs sont constatés.

La traçabilité métrologique — un concept central

La traçabilité métrologique est la propriété d'un résultat de mesure d'être relié à une référence définie par une chaîne ininterrompue de comparaisons étalonnées. Pour un laboratoire ISO 17025, tous les instruments de mesure analytiques doivent être étalonnés à partir d'étalons dont la traçabilité remonte au Système international d'unités (SI), via les laboratoires nationaux de métrologie — en France, le Laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE).

Concrètement, pour l'analyse du cagrilintide, cela signifie que la masse moléculaire mesurée par le spectromètre de masse, ou le pourcentage de pureté intégré par le logiciel HPLC, est rattaché à une chaîne de références physiques documentées et vérifiables. Ce n'est pas le cas d'un résultat produit par un instrument non étalonné ou par un laboratoire dont les équipements n'ont pas fait l'objet d'une qualification métrologique formelle.

Cette exigence de traçabilité est l'un des critères les plus discriminants entre un laboratoire accrédité et un prestataire analytique non évalué : elle garantit que le chiffre inscrit sur le COA a une signification physique robuste et reproductible.

Le périmètre d'accréditation — un point souvent mal compris

Une accréditation ISO 17025 n'est jamais universelle. Elle est strictement délimitée à un périmètre technique (ou scope) qui liste les familles de méthodes et les types d'échantillons pour lesquels la compétence du laboratoire a été évaluée et reconnue. Un laboratoire peut être accrédité pour l'analyse de contaminants métalliques dans l'eau potable sans que cette accréditation s'étende à la caractérisation de peptides par HPLC ou LC-MS.

Pour un certificat d'analyse de cagrilintide, deux vérifications s'imposent donc dans la base de données COFRAC (cofrac.fr) :

  • Que l'accréditation du laboratoire est active à la date d'émission du COA.
  • Que le périmètre technique couvre explicitement les méthodes HPLC et LC-MS appliquées aux peptides ou aux substances chimiques apparentées.

Un COA émis par un laboratoire accrédité pour des méthodes non couvertes par son périmètre ne bénéficie pas des garanties de la norme ISO 17025 pour ces essais spécifiques, même si le logo COFRAC apparaît sur le document.

Application au cagrilintide — ce que l'ISO 17025 garantit concrètement

Dans le contexte de l'analyse du cagrilintide (code de développement AM833, analogue synthétique à longue durée d'action de l'amyline), un certificat d'analyse émis par un laboratoire accrédité ISO 17025 avec périmètre couvrant l'HPLC et le LC-MS apporte trois garanties que ne peut pas offrir un COA produit en interne par le fournisseur :

  • Traçabilité des mesures : le résultat de pureté par HPLC est rattaché à une chaîne métrologique documentée, ce qui lui confère une signification physique vérifiable et reproductible.
  • Méthode formellement validée : la méthode d'analyse chromatographique utilisée a fait l'objet d'une validation selon des critères définis, conformément aux principes du guide ICH Q2(R2) sur la validation des procédures analytiques (ema.europa.eu/ich-q2r2).
  • Rapport d'essai conforme à la section 7.8 : identification univoque de l'échantillon, numéro de lot, méthode référencée, résultats numériques avec incertitude de mesure, date et signataire. Ces éléments permettent une interprétation critique et reproductible du résultat.

Ces garanties concernent exclusivement la rigueur analytique de la mesure. Elles ne valident pas, et ne sauraient valider, un usage thérapeutique ou toute autre application en dehors d'essais cliniques formellement autorisés.

Statut réglementaire du cagrilintide en France

En France, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) supervise l'ensemble des substances à usage pharmaceutique et les essais cliniques conduits sur le territoire (ansm.sante.fr). Au niveau européen, l'Agence européenne des médicaments (EMA) coordonne les procédures d'autorisation de mise sur le marché (ema.europa.eu).

Le cagrilintide fait actuellement l'objet d'évaluations cliniques en phase III, notamment dans le cadre du programme CagriSema (association avec le sémaglutide, conduit par Novo Nordisk). Il n'a reçu aucune autorisation de mise sur le marché (AMM) en France ni dans l'Union Européenne. Son usage thérapeutique en dehors d'essais cliniques formellement autorisés par l'ANSM n'est pas légalement permis. Ce site est exclusivement informatif et éducatif : il ne vend aucun produit, ne traite aucune commande, ne collecte aucune donnée personnelle et ne donne aucun conseil médical.

Sources consultées
  • ISO/CEI 17025:2017 — Exigences générales concernant la compétence des laboratoires d'étalonnages et d'essais : iso.org/standard/66912.html
  • COFRAC — Comité français d'accréditation, annuaire des accrédités : cofrac.fr
  • EMA / ICH Q2(R2) — Validation of Analytical Procedures (2022) : ema.europa.eu/ich-q2r2
  • ANSM — Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé : ansm.sante.fr
  • PubMed — Études sur la qualité analytique et l'accréditation en chimie pharmaceutique : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov

Avertissement. Cet article est fourni à des fins exclusivement éducatives et informatives. Le cagrilintide est un peptide de recherche soumis à la réglementation pharmaceutique française (ANSM) et européenne (EMA). Il ne dispose d'aucune autorisation de mise sur le marché en France ni dans l'Union Européenne. Ce site ne vend pas de produits, ne recommande aucun usage et ne donne pas de conseils médicaux. Consultez toujours un médecin ou un professionnel de santé agréé pour toute question de santé.